Arêtes Sud du Sancy intégrales (24 fev 2008)

Publié le 26 Février 2008

         C'est en surfant sur le site de François Lesca http://lesca.francois.club.fr que j'avais appris l'existence de cette nouvelle voie qu'il avait ouvert cet automne (seul et du bas, celà mérite d'être signalé). Comme la neige ne s'était toujours pas décidé à tomber nous avons troqués avec Jeremy les skis de randos contre nos chaussons en plus ou moins bon état (n'est ce pas Jerem??) et quelques Friends (Merci François). Celà devait me mener à mon premier but de l'année (B3m je crois, voir http://nimp.crew.free.fr/)  mais qu'importe, rien ne pourrais nous faire regretter cette journée.


          Pour commencer cette journée par une petite note insolite, la remontée le long des pistes du Mont Dore qui n'aurai du être qu'un passage obligé mais vite avalé nous a obligé à chausser les crampons sous peine de redescendre à la station plus vite que prévu. Ca donne une idée sur les conditions des pistes, et surtout ça fait peur pour tous les skieurs pas toujours comfirmés qui vont descendre là dessus.

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          Mais qu'importe une fois passé le col de la Cabane nous rentrons dans un domaine plus sauvage, plus une seule trace de présence de l'homme, pourtant si proche et si envahissant. C'est en redescendant la combe entre Puy Gros et Puy de Sancy que nous croisons notre premier chamois. C'est aussi le moment d'enlever les crampons (nous ne les remettrons plus de la journée) et d'entamer une traversée en suivant la courbe de niveau en direction de l'attaque. Là encore 5 chamois sont en train de rechercher de la nourriture à une centaine de mètres de nous. Pendant toute notre ascension ils seront plus ou moins proches, mais toujours présents, et justifieront à eux seuls le lever matinal et le trajet jusqu'au Mont Dore.

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         Nous attaquons la première longueur, un bon 5 sur coinceurs avec un peu de lichen sur certaines prises, ça réveille parce que ça fait quelque temps que je n'ai pas grimpé sur coinceurs avec un gros sac à dos mais il n'y a en fait rien d'insurmontable est les protections sont bonnes. l'arête s'acheve par une succéssion de ressauts liés entre eux par des passages herbeux, pas difficiles du tout mais ludiques à souhait.

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        Au pied de la deuxième arête, que nous atteignons alors que la quitte nos compagnons à cornes et sabots, je m'étonne devant l'allure du surplomb qui me domine, je cherche du 4 et ça ressemble plutôt à de l'A4 (j'exagère bien sur mais un jour en posant une moulinette ou avec des Crash pads ils doit être pas mal... violent pour les doigts...). heureusement un cairn m'indique une fissure plus à gauche et de bonnes prises me permettent de m'élever sans difficultées.

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       Le vent se lève un peu mais je n'y prette pas attention car j'arrive alors au pied d'une autre longueur en 5 ou se trouvent les deux premiers spits de l'arête .Les puristes critiqueront mais la première protection naturelle possible se trouve 8 bons mètres plus haut et l'escalade jusque là n'ayant pas l'air si facile que ça, je mousquetonne avec plaisir les plaquettes dorées. Au dessus, un petit friend placé dans un trou m'offre une excellente protection tandis que je traverse sur la droite. Je m'élève encore et trouve un autre spit. La paroi se redresse mais un système de fissures et d'écailles ma permet moyennant le placement d'un bon friend de m'élever encore de quelques mètres jusqu'à un piton sous un surplomb. Le relais se trouve juste au dessus, un spit à compléter d'un coinceur. Au final, cette longueur qui n'a pas été aussi difficile que ce que je préssentais s'est par contre révélée magnifique et justifie presque à elle seule le déplacement. En plus de mon relais hyper confortable je vois la troisième arête qui s'annonce aussi géniale que ses petites soeurs. Malgré le vent je ne prend pas le temps de mettre ma grosse veste, j'aurai du...

        Jeremy entame l'escalade et s'escrime un peu sur mes coinceurs (ils étaient vraiment bons) mais me rejoint au bout d'un beau combat en grosses (vu l'état de ses chaussons il a préféré les laisser dans le sac) sans avoir tiré au clou. Mais le vent qui maintenant souffle réellement fort, en plus de nous refroidir, problème auquel nos vestes et bonnets remédient sans problèmes, nous déséquilibre et nous fait craindre le pire pour la suite, encore plus exposée. De plus, des nuages commencent à se pointer au loin sur Chastreix. Nous décidons alors d'en rester là pour aujourd'hui, mais avec la ferme intention de revenir quand les conditions seront plus clémentes. 

        Pour l'instant, nous remontons le long des pentes d'herbes raides jusqu'au sommet du Sancy. Là haut nous croisons un groupe de skieurs de rando bien décidés à trouver de la neige skiable, respect pour la motivation.

       Pendant la redescente par les escaliers entre le teléphérique, Jeremy fait une découverte étonnante: quelqu'un a perdu un préservatif au milieu de la pente de neige. On ignore si son propriétaire comptait en faire usage dans les parages mais vu le vent ils fallait être encore plus motivé que nos skieurs de rando. 

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       La descente se poursuit dans une bonne rigolade et au milieu de conjectures plus ou moins loufoques sur les propriétaires de notre trouvaille. Le col de Courre est atteint dans la boue plutôt que la neige, j'espère que les bénéfices pour la peau sont réels car une motte d'herbe traitresse m'a envoyée droit dedans.

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       Au col nous discutons quelques instants avec des gendarmes du PGM jusqu'à ce que quelques mots dans leur talkie walkie les rapelle vers une intervention. Nous prenons alors un cours de ski, virages sautés impécables sur de la tole, passages dans l'herbe sans que celà ne semble les freiner, la classe pour résumer...

      Quand nous rejoignons la piste verte à l'entré du Val le spectacle est irréel: la piste est divisée en deux partie. A gauche les skieurs là encore les protections de roller me sembleraient plus qu'utile, j'ai déjà vu des bitumes plus doux que la neige sur cette piste; à droite des enfants font de la luge et malgré la faible pente la glisse est excellente. Mais le plus étonnant est cette immense couche de vitre de 10 mètres par 3 entre les deux qui ne semble attirer personne... sauf nous. Sans nous concerter, nous nous précipitons sur la patinoire et parcourons les 10m à  toute vitesse sur les fesses sous les regards hillares des skieurs et celui plus envieux des enfants qui nous immitteraient j'en suis sûr avec plaisir. 

       Nous regagnons la voiture les fesses completement trempées mais ravis d'avoir vérifié qu'on était toujours aussi cons. Pendant que nous rangeons le matos une petite fille passe devant notre voiture, elle murmure à son père "Papa, je crois que c'est eux les monsieurs qui faisait de la luge sur leur pantalon..."

      

Rédigé par Seb

Publié dans #Alpinisme Auvergne

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